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Pour la troisième fois en trois ans, je suis monté sur le podium du classement général avec en prime la victoire en N-GT

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Essais (jeudi et vendredi) : Malgré l'enjeu représenté par cette course, véritable tournant du championnat, nous sommes arrivés très décontractés à Spa, avec l'envie de se faire plaisir sur ce circuit mythique, et le plaisir de retrouver Romain Dumas, exilé cette année aux Etats-Unis où il pilote lui aussi pour Porsche, dans le fameux championnat ALMS. Plusieurs séances (une libre et deux qualifs) étaient au programme du jeudi, qui nous ont permis d'affiner les réglages de notre Porsche numéro 50 avec l'aide précieuse de Norbert Singer, le légendaire ingénieur de Weissach et père de la fabuleuse 917. Grâce à lui, nous avons mis au point une voiture parfaite, probablement la meilleure depuis le début de la saison et la meilleure qu'on ait jamais conduite à Spa, autant au niveau du châssis que de l'aérodynamique. Nous avons terminé la dernière qualif à 1/10ème de la Ferrari de pointe, celle de Pescatori, ce qui sur plus de deux minutes de course était très encourageant, et 4/10ème devant l'autre Porsche Freisinger, pilotée par Maassen-Luhr-Lieb et supervisée par l'ingénieur irlandais Owen Hayes, qui s'occupait de ma voiture aux dernières 24 Heures du Mans. Comme prévu, nous avons changé le moteur le jeudi soir, pour mettre le moteur de course, et la séance du vendredi nous a servi de warm-up pour la course, comme pour la plupart des concurrents.

Course (samedi et dimanche) : Tout le monde est parti très vite, trop vite, et la Ferrari a été la première victime de ce début de course disputé au sprint, alors qu'on avait 24 heures à tenir : un pneu éclaté a envoyé la voiture de Pescatori dans le rail, au bout de 22 minutes, et la course est alors devenue une affaire interne au Freisinger Motorsport, une lutte fratricide entre les trois Porsche Yukos, la 50 (la nôtre, numéro accordé au vainqueur de l'an dernier), la 77 (Vassiliev-Bergmeister-Bernhardt) et la 99 (Maassen-Luhr-Lieb). Petite anecdote : Yukos avait demandé ces deux derniers numéros parce que ce sont les numéros des deux départements de Moscou, comme 75 à Paris). Les autres concurrents du N-GT n'étant pas à notre niveau de fiabilité et de performance sur 24 heures, faute d'expérience suffisante dans ce genre de course, la bagarre a fait rage entre nous, au gré des incidents de course, et nous avons eu le même genre de problèmes aérodynamiques sur la 50 et la 99, à cause des vitesses très élevées atteintes à Spa... entre deux virages ! Grosse frayeur pour nous, en début de soirée, quand toute notre face avant s'est arrachée, à cause d'une défaillance des goujons de fixation du pare-chocs, une fois. Grosse panique sur la 99 aussi quand leur mât d'aileron arrière s'est cassé, et l'incident s'est reproduit plus tard. Au début de la nuit, nous avons eu quelques soucis électriques, les feux arrière ne s'allumant plus, et la direction de course nous a obligés à réparer, ce qui nous a encore fait perdre quelques précieuses minutes. Au petit matin, après une série de double relais au même rythme entre nous trois, à 1/10ème près, nous avons pris la tête du N-GT et pointions déjà à la 3ème place du général, derrière deux grosses Ferrari, mais devant beaucoup de beau monde : une BMW d'usine disposant de 100 CV de plus que nous, avec au volant l'immense Hans Joachim Stuck, 55 ans, ancien grand maître de la F1, des Saleen, des Lister, etc. C'est alors que Lieb s'est sorti au volant de la 99, partant dans le bac à sable, le rail, et perdant 10 tours dans l'opération et obligeant tout son équipage à faire une superbe remontée terminée à la 3ème place du N-GT, histoire de prendre des points au championnat. De notre côté, nous avons eu un dernier souci, deux heures avant la fin de course, qui nous a rappelé notre grande déception du Mans, mais heureusement le diagnostic de Manfred Freisinger a été parfait : les vibrations de plus en plus importantes provenaient d'un support de boîte séquentielle cassé, nous sommes rentrés au stand pour les changer tous, par précaution, et idem sur la 99, ce qui a permis à la 77, équipée d'une boîte classique en H, de revenir à deux tours de notre Porsche de tête, alors que nous en avions sept d'avance au moment de notre arrêt. Nous avons réussi à conserver cette marge jusqu'au bout et les trois Porsche Freisinger aux couleurs de Yukos ont passé la ligne d'arrivée ensemble, classées respectivement 3ème, 4ème et 5ème de la deuxième plus grande course d'endurance au monde, après bien sûr Le Mans. Au championnat N-GT, et grâce au fait que le total de points disponibles était doublé par rapport à une course normale (25% des points après six heures de course, 25% après 12 heures, et 50% en fin de course), nous avons désormais 6,5 points d'avance sur nos grands rivaux allemands, en ayant pris 18 points sur 20 possibles. Sur le podium, nous avons côtoyé et embrassé avec grand plaisir la belle Lilian Bryner, première femme victorieuse d'une course d'endurance de ce niveau, devant un public énorme, digne d'une épreuve aussi exceptionnelle. Un week-end quasi-parfait donc, un de plus, et de quoi apprécier encore plus quelques jours de vacances au mois d'août...

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