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4ème et dernière manche du championnat European Le Mans Series (ELMS) : encore une victoire dans mon jardin ! |
J'aime de plus en plus la Belgique et ce circuit mythique de Spa-Francorchamps, où je suis invaincu depuis trois saisons. Je n'ai pas l'habitude de me vanter, mais voici les faits, incontestables : 2002 : victoire aux 24 Heures en N-GT (3ème du général) et victoire en Porsche SuperCup en lever de rideau du Grand Prix de F1, pour la course marquant officiellement le 10ème anniversaire de la création de la Porsche SuperCup, avec 40 voitures au départ. 2003 : victoire historique au classement général des 24 Heures et donc aussi en N-GT, sous la pluie, avec une ?petite' Porsche devant toutes les ?grosses' Ferrari, 2004, victoire aux 24 Heures en N-GT et encore 3ème du général, puis cette victoire de dimanche dernier aux 1000 Km, en GT, assortie d'une belle 9ème place au général, devant beaucoup de protos et de voitures plus puissantes. J'ai bien été obligé de dire à la conférence de presse, après la course, que je considérais Spa, de plus en plus, comme mon jardin. Voici tous les détails du week-end, une fois :
Essais (vendredi et samedi) : Dès que je reviens à Spa, j'ai de bonnes vibrations, mais il m'a fallu attendre les cinq dernières minutes de la dernière séance d'essais qualificatifs, le samedi après-midi, pour signer la pole position de la classe GT, sur le sec, devant les Ferrari et les autres Porsche. De bon augure pour la course, même si 1000 km à deux, c'est très long, et même si je suis un peu gêné par un dos en vrac, souvenir d'un vibreur trop costaud à Imola, et par une oreille infectée, probablement parce que je passe trop de temps au téléphone...
Course (dimanche) : La course a été longue, mais les explications tiennent en quelques mots : nous n'avons jamais mis les pneus pluie, malgré la météo incertaine. A cela une raison bien simple : quand on veut rentrer au stand, à Spa, on perd une minute et demie chaque fois car la ?pitlane' est trÀ¨s longue et donc très pénalisante. Elle commence au début de la ligne droite des stands de F1, suit l'épingle de la Source, et continue le long de la descente du fameux Raidillon, tout ça à 60 km/h maximum, pendant que ceux qui sont restés en piste font donner la puissance. Comme nous connaissons parfaitement Spa, Manu Collard et moi, nous savons que sur un circuit assez long il arrive souvent qu'une partie du circuit soit sèche pendant que l'autre est mouillée. D'où l'intérêt de rester sur la piste avec des pneus sec, en faisant très attention sur le mouillé et en perdant quelques secondes à chaque tour, mais surtout en ne risquant pas de perdre du temps dans les stands pour mettre des pneus pluie qui vont très vite se dégrader... sur les parties sèches. Cette connaissance de la piste nous avait déjà permis de gagner les 24 Heures de l'an dernier au classement général, et notre goût pour la météo nous a permis de remporter ces 1000 km, parce que nous avons passé notre temps à scruter, en plus de la piste, le ciel, les nuages et les arbres, pour voir s'il y avait du vent, tout en confrontant notre vision à celle des membres du team Freisinger postés dans le stand, la tête dans les nuages, comme nous. Autre avantage de la situation, chaque fois que nous étions bloqués derrière le safety car parce que l'un des concurrents s'était sorti, en pneus sec sur le mouillé, nous prenions beaucoup moins de risques, au ralenti, que si nous étions à fond pour conserver notre avantage. Moralité, nous avons fini avec plusieurs tours d'avance sur nos grands rivaux de chez Cirtek, la Porsche anglaise de l'Allemand Sasha Maassen, et finalement devant trois pilotes officiels Porsche : Maassen, mais aussi Marc Lieb et Pat Long, sur trois Porsche différentes.
Enfin, cette deuxième victoire en quatre courses de la nouvelle série ELMS (Monza pour l'ouverture, avec Romain Dumas, et Spa pour la clôture, avec Manu Collard), ajoutée à la 5ème place de Silverstone et malgré le déclassement frustrant du Nurburgring (2ème au moment où le drapeau à damiers s'est abaissé, mais notre voiture était dans les stands !), me permet de finir seul en tête du classement pilotes de l'ELMS dans la catégorie GT. Le Russe Rusimov, pilote de la Ferrari JMB, avait terminé avec un point d'avance sur moi, mais les organisateurs de Monza n'avaient pas remarqué qu'il n'avait conduit que pendant 44 minutes lors de cette course d'ouverture, au lieu des 60 minutes obligatoires pour pouvoir marquer des points. Le règlement de l'Automobile Club de l'Ouest est très strict, nous en savons quelque chose (cf Nurburgring), mais dans ce cas précis, tant mieux pour nous. C'est toujours ça de pris, pour le palmarès, pour la Coupe Porsche et pour le moral, en attendant le dénouement imminent du Championnat du Monde GT-FIA. Il reste trois courses, à commencer par Oschersleben ce week-end, à 100 km de la frontière polonaise. Je suis arrivé un peu plus tôt dans le coin pour passer un peu de temps à Leipzig avec mon ami Marc Lieb, champion du monde avec moi la saison dernière, mais exilé cette saison aux Etats-Unis. Après Oschersleben, c'est justement aux States que je pars pour la prochaine course : Petit Le Mans, une course de 1000 Miles sur le circuit de Road Atlanta, la semaine prochaine. Ca fera la quatrième course en quatre semaines. Je vous raconterai tout ça très bientôt...
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