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24 Heures de Daytona : c'est la jungle !

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Je vous écris un petit mot de Floride avant de prendre le départ, à 12h00 locales (18h00 en France), des 44èmes 24 Heures de Daytona sur une Porsche GT3 Cup du Racers Group, l'écurie de l'ancien pilote Kevin Buckler, mais le moral n'est pas au beau fixe. Même si j'aurai le plaisir de partager le volant de cette Porsche bleue, numéro 66, avec Cyrille Sauvage et Robert Nearn, que je connais bien, et avec l'Américain Steve Johnson, le régional de l'étape, la course s'annonce comme un véritable combat. Ce sera long, difficile, et si nous avons autant de problèmes que pendant les essais, ce sera tout sauf la partie de plaisir qu'on espérait.

Flashback sur les essais libres, début janvier : problèmes de freins et accrochage avec un gentleman driver le jeudi, casse moteur le vendredi, crevaison à l'arrière gauche le samedi provoquant de gros dégâts sur la carrosserie, mais Cyrille avait quand même réussi à faire le 6e temps des GT, avec une voiture toute neuve, donc pas encore réglée.

Essais pourris
Retour sur jeudi et vendredi, cette semaine, pour les essais libres et les essais qualificatifs, au milieu de dizaines de pilotes qui n'ont aucune idée de ce que c'est que la course automobile : pare-choc et radiateur enfoncés dans un choc avec un 'gentleman-driver', dès le début de la Q1... prévue sur 20 minutes seulement, donc foutue ; gros accident pour Robert dans la séance suivante, propulsé à 270 km/h dans le mur du banking à la suite du coup de roue d'un pilote de 'Daytona Prototype', ces voitures fermées, à moteur Porsche ou Toyota-Lexus, qui se ressemblent toutes et fournissent l'essentiel du plateau Grand Am... y compris le vainqueur à Daytona depuis l'an dernier (il n'y a plus de protos découverts). Ce n'était pas tout : deux crevaisons pour Steve Johnson pendant les essais de nuit, et encore du temps perdu... qu'on aurait pu consacrer à affiner les réglages. Enfin, pour finir en beauté, une roue mal serrée dès le début de la Q2, j'ai senti que la direction commençait à vibrer et je suis rentré au stand au plus vite, en ayant quand même réussi à faire le 17e temps des GT, pour nous qualifier.

Course de stock-cars
En fait, tous les problèmes qu'on pouvait avoir, on les a eus. Et quand on voulait travailler sur la voiture, on ne pouvait pas, car les Américains ferment les stands à 18h00 et on ne peut pas revenir dans notre box avant le lendemain matin. Gênant, car même avec un excellent ingénieur et de bons pilotes, si on n'a pas assez de temps pour travailler sur les réglages... ou seulement réparer une voiture qui a pris un gros coup, ça complique les choses. Mais les Américains s'en fichent, ils sont là pour le 'fun'. La bonne nouvelle, c'est que la course ne sera pas retransmise en Europe, sauf pour quelques rares privilégiés qui disposent de la chaîne américaine Speed. Ca nous évitera de donner du souci à nos proches et ça nous permettra de nous concentrer sur notre remontée au classement GT, en profitant de la fiabilité légendaire des Porsche. De toute façon, ce n'est plus vraiment une course d'endurance, c'est plus du stock-car entre des 'Mickeys' qui se prennent pour des pilotes. Je suis un peu énervé, mais il y a de quoi. Je pensais qu'on allait se faire plaisir et je me rends compte que cette course autrefois mythique a été complètement dénaturée. Vivement le retour en Europe et les 24 Heures du Mans, ça c'est du sérieux !

Bon week-end !
Stéphane Ortelli

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