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Le Mans est une histoire humaine |
Propos recueillis par Laurent Mercier pour Endurence-infos.com
Avec deux programmes majeurs cette saison, Stéphane Ortelli n’a pas chômé, enchaînant Le Mans Series (Saleen S7-R ORECA) et FIA GT (Ferrari F430 AF Corse), sans oublier les 24 Heures du Mans (Saleen ORECA).
Sur un total de quinze courses disputées, le Monégasque peut se targuer de compter sept victoires et seulement trois abandons (Bucarest, Spa en FIA GT et Monza en Le Mans Series).
Le reste de l’année n’a été que lutte aux avant-postes dans les deux séries.
Au final, Stéphane repart avec le titre Le Mans Series GT1 (en compagnie de Soheil Ayari) et celui de vice-champion FIA GT2 (avec Gianmaria Bruni).
Le vainqueur du Mans 1998 revient avec nous sur cette année bien chargée, en commençant par les Le Mans Series et les 24 Heures du Mans.
Laurent Mercier :
Le bilan de la saison Le Mans Series est très positif, avec quatre victoires en cinq courses ?
Stéphane Ortelli :
« Cette année a été la suite logique de 2006. Le team a fait un gros travail durant l’hiver dernier. L’auto a connu beaucoup d’améliorations, sur des points cruciaux. Nous avons manqué de peu le grand chelem, avec un abandon à Monza sur un pépin mécanique. Cet abandon nous a rendu plus fort pour le reste de la saison. Que ce soit à Signes ou à Magny-Cours (Département Moteur), ORECA a travaillé d’arrache pied pour nous donner une auto fantastique à piloter. Si en 2006, nous avions un motoriste américain qui changeait selon les manches, il en a été tout autre cette année avec Julien qui a suivi l’auto toute l’année. Nous sommes montés en puissance au fil des courses, ce qui a été la clé du succès ».
LM :
Malgré le peu d’engagés, la catégorie GT1 a pourtant été très animée ?
SO :
« C’est certain et nous avons connu différents adversaires selon les courses, que ce soit Team Modena, Team Luc Alphand Aventures ou Larbre Compétition. La Saleen a été d’une redoutable fiabilité et c’était certainement l’auto la mieux préparée. Les autres équipes ont été accrocheuses sur une manche, mais pas forcément sur la saison complète. Nos adversaires étaient souvent différents. Dès le vendredi lors des essais libres, l’auto était bonne. David Floury, Jean-Philippe Pellaprat et toute l’équipe nous ont donné une voiture parfaite pour les qualifications, très affinée au niveau des réglages. Elle était idéalement prête en vue de la course. Cela étant, nous remportons avec Soheil (Ayari) notre premier titre, sachant que pour ma part, c’est ma troisième saison avec ORECA. Je suis ravi que Hugues De Chaunac et toute l’équipe gagne un championnat international et de la plus belle manière qu’il soit ».
LM :
Penses-tu que la Saleen puisse encore évoluer ?
SO :
« Il y a moins de possibilités d’évolutions qu’il y a un an, compte tenu du travail déjà effectué. Le potentiel de la Saleen est adapté au règlement Le Mans Series, car nous ne composons pas avec le lest embarqué. Le problème est différent en FIA GT et je pense qu’il reste du travail pour amener l’auto au même niveau dans ce championnat. De plus, aussi bien Soheil que moi, nous sommes intégrés au programme depuis le début, ce qui fait que nous connaissons parfaitement la voiture. Je tiens également à remercier Michelin pour tout le travail accompli ».
LM :
Les 24 Heures du Mans restent une déception ?
SO :
« La catégorie GT1 est une super catégorie. Je suis passé proche de la victoire en 2006 avec Aston Martin Racing. Avec la Saleen, nous avons manqué de performance, le moteur étant trop conservateur avec un manque de puissance. Cela n’a pas empêché Soheil de réaliser de très bons temps sous la pluie. Notre auto était la plus rapide dans les virages Porsche. Nous avons connu un bon début de course car le châssis était efficace et la piste n’était pas encore gommée. Au final, notre prestation est médiocre car l’important au Mans est de gagner. Le Mans a été le bémol de la saison. Sur le plan humain, nous avons connu une expérience géniale avec le soutien de la MATMUT et de son Président Daniel Havis, qui est réellement un passionné de sport automobile. C’était une grosse émotion de le voir sur le podium à Spa. Pour en revenir au Mans, nous étions contents qu’ils gagnent en GT2. Notre joie était aussi importante en GT2 que notre désillusion en GT1. C’est là que tu te rends compte que Le Mans est une histoire humaine. C’est LA course la plus dure au monde. Il faut en plus attendre un an pour y revenir. Je n’ai qu’une envie : gagner ! ».
LM :
2008 marquera les dix ans de ta victoire mancelle, acquise sur la Porsche 911 GT1. Cette édition aura un sentiment particulier ?
SO :
« Je ne prête pas vraiment attention à cet anniversaire. Chaque année, tu as envie que cela se reproduise. La semaine mancelle est magique. Je suis passionné par cette course. J’ai un peu les mêmes sensations à Spa lors des 24 Heures. Je suis excité par l’enjeu de ce type d’épreuves. Pour moi, la passion est la même qu’en 1998 et même lors de ma première participation au Mans. Les souvenirs y sont très forts, comme par exemple lorsque je croise dans le paddock Allan (McNish) avec qui j’ai gagné en 1998 ».
Dans une seconde partie, Stéphane reviendra sur sa saison en FIA GT, mais aussi sur ses projets 2008…
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