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Le week-end marathon de Stéphane Ortelli.

Etre pilote demande beaucoup de concentration, mais aussi une grande forme physique. Stéphane Ortelli en a fait preuve le week-end dernier.

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Carnet de route…

Tout a commencé il y a une semaine avec le départ en Chine, plus exactement à Zhuhaï, théâtre de la première manche FIA GT de la saison qu’il dispute sur la Ferrari F430 AF Corse Motorola. Treize heures de vol pour arriver à destination. Essais qualificatifs le samedi, puis la course le dimanche. Notre pilote voyageur passe environ 1h20 dans la Ferrari, termine la course à la seconde place (après le déclassement de la Porsche de la BMS). S’en suit le podium final puis la conférence de presse. Et c’est là que la course contre la montre commence. Sitôt la conférence terminée, Stéphane quitte le circuit et c’est parti pour une heure de taxi, avant de rejoindre le bateau pour Hong-Kong qu’il prend à la dernière minute. Durée de la traversée : Deux heures. Il a fallu ensuite patienter deux autres heures à l’aéroport. Pas de chance, le vol est complet et le monégasque doit voyager en classe économique. Impossible de trouver le sommeil car un pilote a souvent tendance à refaire la course dans sa tête. Durée du vol : Treize heures. L’avion se pose enfin à Paris. Avant de descendre dans le Var, il faut encore patienter une heure à l’aéroport. Ensuite direction Marseille après plus d’une heure et demie dans les airs, puis une heure de route pour monter jusqu’au Paul Ricard HTTT. Le challenge est gagné !

Nous croisons Stéphane en milieu de matinée dans le paddock frais comme un gardon et prêt à en découdre sur la piste. Nous nous sommes étonnés de le voir tourner, tourner et tourner encore au volant de la Saleen, avec en plus le meilleur temps GT1 à la clé. Sitôt descendu de la GT, débriefing avec le staff Oreca et David Floury (ingénieur en charge du programme Saleen) en particulier. Nous le laissons ensuite prendre un repos bien mérité et prenons rendez-vous mardi en fin d’après-midi pour parler de ce week-end…éreintant.

Laurent Mercier : A ton arrivée dans le Var, tu connaissais l’avancée du test de 24 Heures du Team Oreca ?

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Stéphane Ortelli : « La première chose que j’ai entendu en franchissant la barrière à l’entrée, c’est le son de la Saleen, même si tout le week-end, j’ai échangé de nombreux SMS et appels téléphoniques avec l’équipe pour savoir comment le test d’endurance se déroulait. Dès mon arrivée dans le box, j’ai pris différents renseignements auprès du staff durant une trentaine de minutes, puis il a fallu que je m’alimente avec des sucres lents. Pour cela, un diététicien me conseille pour que mes repas soient au gramme près. Je n’ai rien mangé dans l’avion et il ne faut boire que de l’eau plate. Il me fallait un maximum d’énergie pour ne pas gaspiller le test de lundi ».

Comment se sont passés tes tours de roues dans la Saleen ?

« Avant de prendre le volant, en voyant le regard de David (Floury), j’ai su que tout allait bien et j’ai bien compris que Soheil (Ayari) s’était fait plaisir dans l’auto. Je suis donc parti en piste et je peux dire qu’après mon premier run, j’avais le sourire. Je tiens à signaler que si j’avais eu une quelconque fatigue, je ne l’aurais pas fait. Je tenais tout de même à amener ma pierre à l’édifice et je ne voulais pas manquer l’occasion de tourner. Le Mans reste la priorité de l’année et le test d’endurance était très important pour nous ».

L’auto a encore progressé selon toi ?

« C’est une certitude. L’auto a encore progressé en aéro avec un nouvel aileron qui apporte beaucoup dans les virages rapides. Il y a une belle complicité entre les hommes de Steve Saleen aux Etats-Unis et ceux d'Oreca. De même l'osmose est excellente entre le département moteur d’Oreca basé à Magny-Cours et toute l’équipe technique de Signes. Ils font tous un super boulot et je ne peux que les remercier car il faut savoir que nous avions trois autos au HTTT, dont celle pour Racing Box. L’ambiance entre les pilotes est parfaite et il y a une seule équipe pour les deux autos car tout le monde travaille dans le même sens. Cependant, il faudra composer avec la concurrence aussi bien du côté de chez Larbre que Luc Alphand Aventures par exemple ».

Avant d’arriver au Paul Ricard HTTT, tu étais en Chine pour le FIA GT et pour un retour dans la série, tu montes sur le podium...

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« Effectivement, la saison commence plutôt bien, même si à la régulière, la Porsche de Collard/Malucelli a franchi la ligne d’arrivée en tête mais elle a dû être déclassée suite à un souci de hauteur de caisse. Cela est dû à un vibreur qui se décomposait dans un virage. Ce fait de course nous a également pénalisé puisque le détachement du vibreur nous a occasionné une crevaison à l’avant gauche alors que nous étions une seconde plus vite au tour que l’autre auto du team et en tête. Mais avec ce nouveau format de manche de deux heures, nous ne sommes pas parvenus à remonter sur l’autre F430 AF Corse ».

A ce propos, comment juges-tu ce nouveau format de deux heures ?

« Si tu as le moindre problème en course, c'est fichu alors que sur trois heures, tout était encore possible. En plus avec les deux arrêts obligatoires, ça devient difficile de trouver une parade via la stratégie de course. D'autant qu'il nous est imposé un temps en piste de 35 minutes. Tout cela est prévu pour ne pas défavoriser des équipages à 3 pilotes. Or pour l'instant, aucun team n'a trois pilotes sur une même auto ! Le problème, c'est que tout cela ne nous laisse que très peu de liberté pour la stratégie. Les deux changements de pilotes sont très durs à organiser. C’est la même chose pour gérer les pneus et le ravitaillement en carburant. C’est donc au pilote d’être encore meilleur. Cela peut aussi générer quelques soucis au moment de sangler le pilote car il faut perdre le moins de temps possible. Idem pour le ravitaillement en boisson dans l’habitacle car cela te fait perdre encore quelques secondes. Si je prends mon cas, mon équipier (Gianmaria Bruni) est plus grand que moi et c’est très chaud pour régler le baquet. Nous faisons environ trois fois trente sept minutes. Cependant, nous repartons avec huit points de la Chine et nous faisons le doublé. Il y a une belle osmose entre les pilotes AF Corse et nous avons plus d’un mois avant la prochaine course à Silverstone ».

Quel est ton programme à court terme ?

« Prendre un peu de repos (rires). Non, pour redevenir sérieux, il va falloir encore travailler avec le Team Oreca pour être fin prêt pour Le Mans, mais avant il y a les deux manches Le Mans Series de Monza et Valence. L’équipe doit aussi préparer les deux Saleen pour le FFSA GT et aider Racing Box afin qu’ils soient bien préparés pour Monza ».

Un autre challenge contre la montre s’annoncera pour Stéphane début mai car la manche FIA GT de Silverstone tombe le même jour que la manche Le Mans Series de Valence. Encore un week-end ultra chargé en perspective… Mais avant cela, nous vous donnons rendez-vous en fin de semaine pour une interview un peu spéciale du pilote monégasque.

Remerciements à Stéphane Ortelli pour sa disponibilité.

Laurent Mercier - Endurance Infos

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